
T.A.G. @ Grand Palais
By: Violette R.O.L.L. n'est jamais d'accord
Tags:Alain-Dominique Gallizia, arts de rue, Exposition, Grand Palais, TAG
Catégorie: des expos...
Arts graphiques de rue exposés dans un Musée / Grand Palais – Paris / jusqu’au 3 mai
Après la tentative ratée et ridicule du Louvre d’attirer des publics plus jeunes au Musée par le biais de la bande dessinée (cf. chronique Le Petit Dessein), voilà l’expo démago pour attirer les « jeunes voyous » susceptibles de saloper les murs des villes…
Plus sérieusement, l’idée de départ est intéressante, il s’agit de donner une opportunité au grand public d’avoir un regard différent sur les Tags et Graffitis qui fleurissent nos espaces urbains. L’idée de reconnaître ces arts graphiques non pas comme une pollution mais bien come une forme d’expression artistique supplémentaire de notre paysage culturel… Mais plusieurs problèmes viennent plomber cette exposition.
L’idée de départ, si vous visitez l’expo vous comprendrez bien, est venue d’un architecte, Alain-Dominique Gallizia. Ce type est imbu de sa personne comme il est rare de le voir dans un Musée. Monsieur Mégalo a donc commencé à collectionner les tags en demandant aux artistes de rues de s’exprimer sur des toiles de taille identique et sur des sujets imposés : Amour et Identité. Donc là, vous l’avez compris, le type a fait cette expo d’abord pour parler de lui et probablement pour faire monter le buzz sur son nom et sa coolitude pour mieux faire accepter des projets architecturaux aux collectivités territoriales… Ensuite la taille des toiles retenue est parfaitement absurde, beaucoup trop petite, cela correspond à peu près à l’idée de demander à un peintre de fresque de réaliser un travail sur un timbre poste. Enfin que penser des thèmes imposés ? Ils ont quitté l’école trop tôt alors on leur fait faire une dernière rédac pour s’autoriser à leur dire que « oui, ce qu’ils font est chouette et a de la valeur » ??
Les responsables de l’exposition insistent beaucoup sur le fait qu’il y ait 300 toiles (donc 150 artistes puisqu’ils ont 2 toiles chacun) mais il serait plus pertinent d’exposer de la qualité et non de la quantité. Un bon tiers des toiles n’étaient pas spécialement intéressantes, ce qui pouvait venir du manque d’inspiration de l’artiste sur le sujet, du handicap lié au format ou… d’un manque de qualité (ou encore d’un jugement esthétique de ma part).
Pour couronner le tout, il eut été pertinent de retracer un peu plus l’histoire du Tag et de resituer quelques contextes sociaux / politiques. On prétend nous retracer l’histoire du Tag sur 3 générations et on ne nous fournit qu’une origine nationale ? Il est pourtant évident que les sujets de préoccupation du Bronx il y a 15 ans n’ont rien à voir avec les sujets chers aux grapheurs actuels iraniens ou du 93…
Une exposition qui aurait pu être un carton et vraiment géniale mais qui, au lieu de ça, ressemble à une pub géante pour le politiquement correct impulsée par le Ministère de l’Egalité des chances et contre les discriminations… dommage.
Note : 5/10


